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Comprendre · Se baigner

Bienfaits du sauna : ce que montrent les études, et leurs limites

Cohortes finlandaises, effets sur la tension, récupération, détox et immunité : ce que la recherche établit, ce qu'elle suggère et ce qui relève de la promesse.

· 10 min de lecture

Gros plan sur une épaule couverte de gouttes de sueur, une serviette rayée nouée sous les bras, dans un sauna en bois sombre.
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Saisonjanvier, février, octobre, novembre, décembre
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Les « bienfaits du sauna » tiennent souvent en une liste : cœur, détox, sommeil, peau, immunité, minceur. La recherche médicale est plus nuancée. Ses résultats les plus frappants viennent d’études d’observation, menées sur des hommes d’une même région, par une même équipe. Ce guide présente ce qui est établi, ce qui est seulement suggéré, et ce qui relève de la promesse. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin.

Ce que les études finlandaises observent

Les chiffres les plus cités viennent d’une seule étude : la cohorte de Kuopio (Kuopio Ischemic Heart Disease Risk Factor Study), dont les participants, des habitants de l’est de la Finlande, ont été examinés entre 1984 et 1989. Ils ont déclaré au départ combien de fois par semaine ils allaient au sauna, puis ont été suivis pendant quinze à vingt-cinq ans.

Publication Qui a été suivi Ce qui est observé chez les adeptes de 4 à 7 séances par semaine, comparés à ceux d’une séance
Laukkanen et al., JAMA Internal Medicine, 2015 2 315 hommes de 42 à 60 ans, 20,7 ans de suivi Risque de mort subite cardiaque réduit (rapport de risque 0,37) ; associations semblables pour la mortalité coronaire, cardiovasculaire et totale
Zaccardi et al., American Journal of Hypertension, 2017 1 621 hommes sans hypertension au départ, 24,7 ans Moins d’hypertension (0,53 après tous les ajustements)
Laukkanen et al., Age and Ageing, 2017 2 315 hommes, 20,7 ans Moins de démence (0,34) et de maladie d’Alzheimer (0,35)
Kunutsor et al., Neurology, 2018 1 628 hommes et femmes de 53 à 74 ans, 14,9 ans Moins d’AVC (0,38 à 0,39)
Kunutsor et al., Respiratory Medicine, 2017 2 210 hommes, 25,6 ans Moins de pneumonies (0,63 après ajustements, intervalle de confiance allant jusqu’à 1,00)

Un rapport de risque de 0,37 signifie un risque observé environ trois fois moindre dans le groupe le plus assidu. L’étude de 2015 montre aussi un lien avec la durée : des séances de plus de 19 minutes étaient associées à moins de morts subites que des séances de moins de 11 minutes.

Les auteurs en ont tiré une revue (Mayo Clinic Proceedings, 2018) et appellent eux-mêmes, dans plusieurs articles, à d’autres études pour établir les mécanismes.

Association ou causalité : pourquoi la nuance compte

Une étude de cohorte observe des gens qui ont choisi leurs habitudes. Les hommes qui vont au sauna presque tous les jours peuvent différer des autres par leur santé de départ, leurs revenus, leur activité physique ou leur mode de vie. Les auteurs ajustent leurs calculs sur ces facteurs, mais un ajustement ne corrige que ce qui a été mesuré.

Quatre limites sont à garder en tête :

  • la population : des hommes d’âge mûr de l’est de la Finlande, où le sauna est, selon les auteurs, une tradition millénaire ; seule l’étude sur l’AVC inclut des femmes ;
  • la mesure : la fréquence des séances est déclarée une fois, au départ, et supposée constante pendant vingt ans ;
  • les effectifs : dans l’étude de 2015, le groupe de 4 à 7 séances ne compte que 201 hommes, et 10 morts subites ;
  • l’origine : toutes ces publications viennent de la même cohorte et en grande partie de la même équipe.

Elles portent enfin sur le sauna finlandais traditionnel, à poêle. Elles ne disent rien de la cabine infrarouge, dont les preuves propres sont examinées dans notre guide sur le sauna infrarouge.

Ce que la chaleur fait au corps pendant la séance

Ici, on dispose d’expériences, qui décrivent deux temps.

Pendant la séance, le cœur travaille. Chez 19 adultes en bonne santé (Ketelhut, 2019, 25 minutes à 93 °C), la tension et la fréquence cardiaque ont augmenté progressivement, jusqu’à une charge équivalente à un effort de 60 à 100 watts sur vélo. Les auteurs écrivent qu’« acute sauna use does not lead to a reduction, but to an increase in BP and HR ». La méta-analyse de Li et al. (2020, 16 articles) chiffre la hausse moyenne du pouls à près de 18 battements par minute et celle de la température corporelle à 0,94 °C.

Après la séance, la tension baisse. Chez 102 adultes présentant au moins un facteur de risque cardiovasculaire (Laukkanen, 2018, 30 minutes à 73 °C), la pression systolique est passée en moyenne de 137 à 130 mmHg à la sortie, et la rigidité artérielle mesurée a diminué. Li et al. retrouvent une baisse moyenne d’environ 5 à 6 mmHg dans les 30 minutes suivant la séance.

Ces résultats ne se contredisent pas : ils décrivent deux moments. Ils expliquent aussi pourquoi le sauna n’est pas anodin pour un cœur malade : il impose un effort. Sur plusieurs semaines, les résultats de Li et al. portent sur des marqueurs de l’insuffisance cardiaque (fraction d’éjection, classe fonctionnelle), et concernent surtout des patients dont la fonction cardiaque est diminuée.

Récupération et performance sportive

L’argument de la récupération repose sur peu d’études. La plus citée (Scoon et al., 2007) a suivi six coureurs de fond masculins pendant trois semaines de séances de 31 minutes en moyenne à 90 °C, juste après l’entraînement. Leur temps de course jusqu’à épuisement a augmenté de 32 %, ce que les auteurs traduisent par un gain d’environ 1,9 % sur un contre-la-montre, probablement lié à une hausse du volume sanguin (+ 7,1 % de plasma). Six sportifs entraînés, un sauna humide : le résultat ne dit rien de la courbature du joggeur du dimanche. Hussain et Cohen ne recensent que deux études sur des athlètes d’élite.

Ce qui relève de la promesse

Hussain et Cohen ouvrent leur revue par cette liste : « Facilities offering sauna bathing often claim health benefits that include detoxification, increased metabolism, weight loss, increased blood circulation, pain reduction, antiaging, skin rejuvenation ». Voici ce qu’il en reste.

  • La perte de poids. La sueur est de l’eau, qui revient en buvant. Aucune des études lues ne montre de perte de graisse due au sauna ; notre guide sur le sauna infrarouge rappelle que la revue de Beever (2009) ne trouvait qu’une étude, de preuve faible, sur l’obésité.
  • L’immunité. Un essai autrichien de 1990 (Ernst et al.) a comparé 25 adeptes du sauna à 25 témoins pendant six mois : moins de rhumes dans le groupe sauna, surtout les trois derniers mois, mais ni plus courts ni moins sévères. Les auteurs concluent que le sauna réduit « probablement » les rhumes et demandent d’autres études. Dans un essai allemand de 157 personnes enrhumées cité par Hussain et Cohen, respirer de l’air chaud n’a réduit la prise de médicaments que le premier jour.
  • Le cholestérol. Les sources se contredisent. Beever ne trouvait pas d’effet de la cabine infrarouge ; une revue japonaise de 2025 (Yamasaki et al., 7 essais) observe une baisse chez les adultes de moins de 60 ans, aucune chez les plus âgés, et n’en tire qu’une recommandation faible.

Qui doit demander l’avis d’un médecin

Sur la grossesse, les sources ne disent pas la même chose : la revue de 2001 juge le sauna sûr lors d’une grossesse sans complication chez une femme en bonne santé, alors que des notices de fabricants, comme celle de la cabine Tylö Kiruna, mentionnent un risque pour le fœtus. Ce désaccord justifie un avis médical. Hussain et Cohen relèvent aussi une petite étude (10 hommes) montrant une baisse de la production de spermatozoïdes, réversible à l’arrêt des séances.

Pour choisir l’équipement, poêle, cabine ou infrarouge, voyez notre guide choisir un sauna pour la maison ; les autres questions de santé liées au bain chaud sont rassemblées dans le rayon Se baigner.

Sources

Sources relues le 29 septembre 2026.

  • Laukkanen T., Khan H., Zaccardi F., Laukkanen J.A. « Association between sauna bathing and fatal cardiovascular and all-cause mortality events ». JAMA Internal Medicine, 2015, 175(4):542-548. PMID 25705824.
  • Zaccardi F. et al. « Sauna Bathing and Incident Hypertension : A Prospective Cohort Study ». American Journal of Hypertension, 2017, 30(11):1120-1125. PMID 28633297.
  • Laukkanen T. et al. « Sauna bathing is inversely associated with dementia and Alzheimer’s disease in middle-aged Finnish men ». Age and Ageing, 2017, 46(2):245-249. PMID 27932366.
  • Kunutsor S.K. et al. « Sauna bathing reduces the risk of stroke in Finnish men and women : A prospective cohort study ». Neurology, 2018, 90(22):e1937-e1944. PMID 29720543.
  • Kunutsor S.K., Laukkanen T., Laukkanen J.A. « Frequent sauna bathing may reduce the risk of pneumonia in middle-aged Caucasian men ». Respiratory Medicine, 2017, 132:161-163. PMID 29229091.
  • Laukkanen J.A., Laukkanen T., Kunutsor S.K. « Cardiovascular and Other Health Benefits of Sauna Bathing : A Review of the Evidence ». Mayo Clinic Proceedings, 2018, 93(8):1111-1121. PMID 30077204.
  • Hussain J., Cohen M. « Clinical Effects of Regular Dry Sauna Bathing : A Systematic Review ». Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2018, 1857413. PMID 29849692 (texte intégral).
  • Laukkanen T. et al. « Acute effects of sauna bathing on cardiovascular function ». Journal of Human Hypertension, 2018, 32(2):129-138. PMID 29269746.
  • Ketelhut S., Ketelhut R.G. « The blood pressure and heart rate during sauna bath correspond to cardiac responses during submaximal dynamic exercise ». Complementary Therapies in Medicine, 2019, 44:218-222. PMID 31126559.
  • Li Z. et al. « Acute and short-term efficacy of sauna treatment on cardiovascular function : A meta-analysis ». European Journal of Cardiovascular Nursing, 2020 (en ligne), 20(2):96-105. PMID 32814462.
  • Scoon G.S. et al. « Effect of post-exercise sauna bathing on the endurance performance of competitive male runners ». Journal of Science and Medicine in Sport, 2007, 10(4):259-262. PMID 16877041.
  • Ernst E. et al. « Regular sauna bathing and the incidence of common colds ». Annals of Medicine, 1990, 22(4):225-227. PMID 2248758.
  • Kuan W.H., Chen Y.L., Liu C.L. « Excretion of Ni, Pb, Cu, As, and Hg in Sweat under Two Sweating Conditions ». International Journal of Environmental Research and Public Health, 2022, 19(7):4323. PMID 35410004.
  • Yamasaki S. et al. « Hot spring and sauna use for improving blood lipid profiles : A systematic review and expert consensus ». Complementary Therapies in Medicine, 2025, 94:103241. PMID 40914321.
  • Hannuksela M.L., Ellahham S. « Benefits and risks of sauna bathing ». American Journal of Medicine, 2001, 110(2):118-126. PMID 11165553.
  • Kenttämies A., Karkola K. « Death in sauna ». Journal of Forensic Sciences, 2008, 53(3):724-729. PMID 18471223.
  • Harvia, Instructions for Installation and Use of Electric Sauna Heater BC45 à BC90E, édition 16102014, avertissements (« never sleep in a hot sauna »).
  • Sauna360, « Tylö Kiruna 1 / Kiruna 2, Installation and Operating Instructions », réf. 71-0185, révision C, 26/09/2024, cité d’après notre guide sur le sauna infrarouge.

Vos questions

Le sauna est-il bon pour le cœur ?

Des études finlandaises observent moins de décès cardiovasculaires chez les hommes qui vont au sauna 4 à 7 fois par semaine, mais elles sont observationnelles : elles montrent une association, pas un effet prouvé. Pendant la séance, le cœur accélère comme lors d'un effort modéré.

Le sauna élimine-t-il les toxines ?

Rien de solide ne le montre. Dans le seul essai randomisé sur la question retenu par la revue de Hussain et Cohen (2018), le sauna sec ne faisait pas mieux que l'absence de sauna, et les taux sanguins des polluants mesurés n'ont pas changé.

Le sauna fait-il maigrir ?

Non au sens durable du terme : le poids perdu en transpirant est de l'eau, qui revient en buvant. Aucune des études lues ne montre de perte de graisse due au sauna.

Qui ne doit pas aller au sauna sans avis médical ?

Les personnes atteintes d'angor instable, d'un infarctus récent ou d'un rétrécissement aortique serré, que la revue de Hannuksela et Ellahham (2001) cite comme contre-indications, mais aussi toute personne cardiaque, hypertendue, enceinte ou sous traitement. Et personne après avoir bu de l'alcool.